Archiv für Juli 2008

Mourir à Paris

Un soir, dans une cabine téléphonique dans les rues de Paris, j’appelais mon advocat à Metz, Mr. Michel, pour qu’il me donne la confirmation de reception de mon testament. “Allo Gustave, c’ est moi”, je disais, comme si ce ne pouvait être moi qui l’appelle à dix heures du soir pour un besoin si étranger. “Oui ca va, et toi”, je lui répondis, sans mettre de l’importance dans ma réponse, qu’ il espérait peut être recevoir. Il m’expliqua, qu’il avait bien recu le document et l’argent et me demanda, si je venais chercher la différence. Comme je ne savais pas, à combien se sommeraient les honoraires – l’occasion de faire son testament ne se présente que très rarement dans la vie – ,j’avais ajouté une large somme d’argent et je lui répondai de m’envoyer l’argent sur mon compte qu’il trouverait facilement dans mon dossier. Un moment de silence entra dans la conversation et Gustave me demanda à l’air un peu nerveux, si vraiment tout était bien. Je mentais et enfin je raccrochais, un peu honteux d’avoir menti à un ancien ami de la famille. Une famille malgré, qui n’existait plus.

Naturellement, il pleuvait. Ce n’était pas un hasard que j’avais choisi ce soir-ci pour faire l’appel à Metz. L’ idée, même si je restais toujours à distance d’elle, de parcourir la ville dans la pluie me plaisantait. J ‘avais traversé les rues vides et inondées depuis l’auberge, où j’ avais loué ma chambre. Ce n’était même pas la ville de Paris, où je résidais, mais une baraque dans les faubourgs, ce qui perturbait un peu l’idéal de mon histoire, qui aurait plutôt du se dérouler dans un hotel chic, mais modeste dans les environs de la Seine où du Louvre. Puis, au lieu de téléphoner à partir de l’appareil de ma chambre, j’avais dû chercher pour une cabine pendant une bonne demi-heure, d’où je venais d’appeler Michel. J’allumai une cigarette. Ca faisait deux jours, que j’avais commencé à fumer et, bien que je n’aimais toujours pas le goût, ca me faisait plaisir de tenir la cigarette entre mes doigts, d’y tirer un coup en serrant les yeux et de les relâcher en soufflant. Je fumais dans une cabine téléphonique. Ce n’était vraiment pas approprié. Depuis les appartements s’élevant des deux côtés de la rue on m’a pu voir fumer dans la cabine éclairée, et tout le monde a dû secouer la tête, comme c’était tout à fait non-approprié de fumer dans un lieu commun. Ce n’était pas respectueux. Je m’en fichais, me hâtai cependant de finir la cigarette, dont je commencai à avoir marre, et me mis à marcher rapidement, sans courir, en direction de l’hôtel.

“J’ allai mourir à Paris”, répétai-je en pressant la tête vers mon corps, comme si cela pourrait me protéger contre la pluie abondante. Instantanément, j’ entrai dans un local à l’autre côté de la rue, que je n’avais même pas remarqué sur le chemin de venir. Un peu allégé de ne plus être exposé à ce temps misérable, je me suis rendu compte, en ouvrant la porte du bar, que je ne me sentais pourtant pas à l’aise. Je faisais deux pas anxieux vers l’intérieur, ce qui me permettait de tenir la porte ouverte. Cela me donnait l’air de toujours avoir la possibilité de quitter, sans que cela aurait paru étrange. J’étais toujours quelqu’un de l’extérieur, qui évaluait ses possibilités, ou bien entrer dans ce bar, pour quel raison que ce soit, ou bien la pluie abondante. Alors je pensai, pendant que les yeux énervés du barman me fixaient – apparemment il n’aimait pas, que la pièce devienne froide – que pourtant ce serait égal et que je mourrirai de toute facon. J’ai lâché la porte qui se fermait d’un ton sourd et brusque. Il y avait guère du monde, le barman, comme déjà dit, un homme mi-cinquante, apparaissant plus vieux qu’il l’était probablement, une serveuse, mi-trente, d’un teint exotique, peut-être arabe et un mec assis au bar, dont je ne voyais que le dos, qui me semblait très juste à un lieu tel que celui. La thèque était brun-noire, des années 1980, lourd et asphyxiant, comme le tapis plein dailleurs, d’un vert artificiel avec plein de tâches. Dans le coin à ma droite une petite table de billard, qui fonctionnait avec des sous, dans un état lamentable, à ma gauche deux tables avec pleines de chaises. Je sortis de mon manteau et allai instinctivement vers la droite, envers du billard, et m’assis sur le tabouret réservé aux joueurs. La serveuse, cheveux bruns, dans un costume brun assez bizarre d’un autre temps, se contrôla pour un instant dans le mirroir, après s’être assuré que je l’observerai, se dirigea ensuite d’un pas un peu artificiel envers de ma table.
D’une voix profonde et avec un sourire rusé elle disait: “Bonsoir monsieur, qu’est-ce peux-je faire pour toi?” ce qui me choquait profondément. Ce n’était pas tout à fait que son ton me déplaisait, et que c’était en plus absolument non respectueux de me parler ainsi, mais la situation était bizarre en gros. Je devins nerveux, échapais du regard questionnant de la serveuse, m’éleva ensuite en transpirant profondément. La serveuse recula d’un pas, son image de soi assuré avait disparu d’un coup. Le tenancier m’observa d’un air méfiant. Alors je me suis rendu compte de la source de perturbation. D’un coup je suis marché vers l’homme qui était toujours assis là comme j’étais entré. Je le pris par l’épaule et le retourna. C’est alors que j’ai perdu l’oxygène dans le respir en constatant, que cet homme n’avait pas de visage. Ma main, qui tenait toujours le manteau de l’étranger, qui ressemblait bizarrement au mien, que j’avais d’ ailleurs accroché à la porte d’entrée – c ‘est là, en jettant un coup d’oeil vers le crochet vide, que tout devint noir d’un coup – tremblait. J’avais absolument perdu le contrôle de cette main. C’était la confirmation, que je venais de mourir, il y a juste un instant.
Je ne sais pas, comment ces pensées auraient pu aboutir à une autre conclusion. En conséquence, je dois en être l’auteur.

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